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📖 Réminenses

nom féminin pluriel/ʁe.mi.nɑ̃s/

Étymologie. — Du latin reminiscere (« se souvenir »), chargé d'une intensité charnelle et émotionnelle. Dans son acception la plus profonde, les réminenses désignent une mémoire sensorielle involontaire, enfouie dans la chair : des sensations passées — plaisirs, étreintes, présences aimées — oubliées par l'esprit conscient, resurgissent soudain, intactes et brûlantes, au contact fortuit d’un toucher, d’un parfum, d’un goût, d’un son ou d’une texture familière, comme si le corps se souvenait plus fidèlement et plus violemment que l’âme.

1. — Souvenirs charnels ou traces sensorielles enfouies, qui reviennent involontairement, avec une force presque douloureuse, sous l’effet inattendu d’un frôlement de peau, d’un effluve retrouvé, d’un goût sur les lèvres, d’un murmure ou d’une simple texture (drap, soie, cheveu), ranimant dans la chair l’intégralité d’une étreinte ou d’un désir passé. 2.Par extension. État de trouble voluptueux où le corps, indépendamment de la volonté, vibre et s’embrase à nouveau, comme si le temps n’avait rien effacé de la sensation première.

Exemples. — « Une goutte de son parfum sur un foulard oublié suffit : les réminenses affluèrent, torrides, intactes, comme si leurs corps se pressaient encore l’un contre l’autre dans l’ombre. » — « Le simple froissement de la soie contre sa cuisse réveilla des réminenses fiévreuses ; le goût de sa bouche, la pression de ses doigts, tout revint d’un coup, sans qu’elle l’ait cherché. » — « Sous la caresse machinale du drap tiède, des réminenses lascives surgirent, violentes, ramenant la chaleur exacte de ses paumes sur ses reins. » — « Un goût de sel sur ses lèvres, retrouvé par hasard, fit resurgir des réminenses brûlantes : leurs peaux moites, leurs souffles mêlés, l’urgence d’une nuit sans fin. »

Syn. — mémoire involontaire charnelle, échos sensoriels, frissons ressuscités, pulsations enfouies, madeleine du désir. Ant. — souvenir volontaire, oubli définitif, froideur de l’esprit, détachement rationnel.

Dérivés.réminensiel, -elle adj. : qui possède le pouvoir de déclencher involontairement une mémoire charnelle intense. Un parfum réminensiel, une texture qui fait trembler la chair sans prévenir. réminenser v. litt. : être submergé par le retour involontaire et sensuel d’un plaisir passé dans le corps. Elle réminensait à chaque effleurement du vent sur sa nuque, hantée par une caresse disparue.

Domaines. — Littérature charnelle et poétique : exploration de la mémoire involontaire du corps et du désir persistant. Psychologie des émotions et neurosensorielle : empreinte corporelle profonde, plus fidèle que la mémoire intellectuelle.

Note stylistique. — Dans une prose suggestive, les réminenses traduisent la victoire du corps sur l’oubli : elles surgissent sans appel, par un déclencheur sensoriel anodin, et ramènent avec une netteté presque surnaturelle l’intensité d’un plaisir charnel englouti par le temps. Contrairement au souvenir volontaire — pâle et reconstruit —, elles sont vivaces, immédiates, presque douloureuses dans leur précision, comme si la chair gardait seule la vérité du désir.

Perspectives scientifiques modernes.

Les neurosciences contemporaines confirment que la mémoire n’est pas confinée au cerveau. Une étude menée par Nikolay V. Kukushkin et al. à l’Université de New York (NYU) et publiée en 2024 dans Nature Communications démontre que des cellules humaines non neuronales — notamment rénales et issues de tissus nerveux périphériques — peuvent « apprendre » et conserver des traces de patterns de signaux chimiques sur le long terme, reproduisant l’effet « massé-espacé » classique de la formation de mémoire (meilleure rétention avec des stimulations espacées plutôt que continues). Ces cellules activent des gènes clés (comme CREB) en réponse à des séquences temporelles, de façon analogue aux neurones. Ainsi, la mémoire sensorielle et émotionnelle semble distribuée dans le corps entier : les réminenses, ces pulsations charnelles resurgissant au contact d’un parfum ou d’un frôlement, trouvent un écho dans ces mécanismes cellulaires conservés, où la chair elle-même porte l’empreinte fidèle d’un plaisir ou d’une étreinte passée.
Kukushkin et al., « The massed-spaced learning effect in non-neural human cells », Nature Communications, 2024.
NYU News : « Memories Are Not Only in the Brain », novembre 2024.

Extraits littéraires.

« Les réminenses ne sont pas des souvenirs, mais des pulsations lascives qui frémissent sous la peau, des vagues de désir s'éveillant dans le creux des reins avant que l'esprit ne les saisisse. Elles sont le goût d'une lèvre mordue, la trace brûlante d'une caresse, gravée dans la chair comme une écriture secrète. » — Clara Vesmont, Essais sur le désir latent, 2026.

« Dans l'humidité tiède d'un thé infusé à la bergamote, un effluve soudain me ramena, non point à une image flétrie par le temps, mais à la sensation vive, presque douloureuse, de sa peau contre la mienne sous les draps froissés d'une après-midi d'été ; les réminenses affluèrent, intactes, comme si le corps avait gardé seul la carte précise de chaque frôlement, de chaque soupir étouffé, refusant à l'esprit le droit d'oubli. » — Margaux de Veyrier, Les Murmures d’Antan, 1917.

« Le vent tiède de mai sur la peau nue, un simple contact de lèvres anonymes dans la foule en liesse, et voilà que les réminenses explosent : corps libérés, désirs sans entraves, la chair hurle son droit à jouir sans fin ; plus de chaînes, plus d'oubli imposé – chaque sensation ranime l'étreinte totale, l'orgasme collectif du monde qui se réveille enfin. » — Lucien d’Orsang, Éros en insurrection, 1968.

« Réminenses, murmure où la chair se souvient,
Un parfum fugitif ranime l’ancien feu ;
La peau tremble soudain, l’oubli se rompt enfin,
Et l’étreinte d’hier brûle en nous comme un aveu. » — Éloïse de Lorme, Chants de l’ombre suave, 1881.

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